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Picto de Moulin à marée Tourony

Moulin à marée Tourony

Trégastel

à propos

Depuis la plage de Tourony, vous pourrez admirer un très beau point de vue sur le château de Costaérès. Cette imposante villa de style néo-médiéval date de la fin du XIXe siècle. Elle fut édifiée par un riche ingénieur polonais qui en fit sa villégiature après avoir acquis l’île sur laquelle elle est implantée. Dirigez-vous ensuite vers le port de Ploumanac’h ; vous y découvrirez deux moulins à marée caractéristiques de la région.

En savoir +
Terre de découverte… (Un douar da zizoleiñ…)


LES AUTRES MOULINS DE LA RÉGION

Le Trégor, en 1810, comptait 390 moulins à eau (et mer) et 44 moulins à vent pour le seul arrondissement de Lannion. Ce phénomène est perceptible autour du port de Ploumanac’h où l’on trouve six moulins dans un rayon d’un kilomètre. Ce sont tous des moulins à céréales contrairement aux moulins de l’intérieur souvent spécialisés dans le lin et le papier.
Le premier moulin, le Moulin Bleu (Milin Glaz) doit son nom à son toit en ardoise ; il est plus connu sous le nom de moulin à mer du Grand Traouïéro. C’est le moulin que vous visitez !

Le deuxième moulin, situé à Ploumanac’h, appelé le Moulin Rouge (Milin Ruz) à cause de la couleur de ses tuiles, ou moulin du Petit Traouïéro, pourrait dater de 1476. Ces deux moulins à mer ont, sans doute, connu la même histoire car ils dépendaient tous les deux du seigneur du Cruguil, en 1509. Ce moulin rouge dont on perd la trace après la période de Louis XIV, sera reconstruit ainsi que sa chaussée en 1833 par un certain Perrot qui deviendra plus tard Maire de Perros-Guirec. Il sera vendu, en 1896, à un ingénieur, Bruno Abdank, propriétaire du château de Costaérès, qui transformera le moulin en usine à glace (la production pouvait alors atteindre 450 kg de glace à l’heure).

Le troisième moulin est le moulin à vent du Crac’h ou du Creac’h, parfois appelé du Randreuz comme le moulin à eau tout proche. Il date de 1727 et fournissait jusqu’à 30 quintaux de farine par jour. Son emplacement lui aurait permis de fonctionner près de 240 jours par an. Abandonné comme tous les moulins de ce type avec l’avènement de minoteries à vapeur puis électriques au XXème siècle, il sera remis en état en 1986.

Le quatrième moulin est le moulin à eau de Randreuz, ses activités cessèrent en 1887. Il tire son nom de «Moulin du Pendu» ou «Moulin hanté» de l’aspect fantomatique de ses ruines.

Le cinquième moulin s´appelle officiellement «Lost Logoden», le moulin de «La Queue de Souris» ou «Moulin du Diable». Situé à Trégastel, il aurait appartenu au Comte de Lannion.

Le sixième moulin est un moulin à vent classique dont on ignore l’histoire.


POURQUOI UN MOULIN À MARÉE À TRÉGASTEL ?

> La Bretagne au XIVème siècle

La situation politique de cette époque est avant tout marquée par la guerre. La Bretagne est, au début du XIVème siècle, un duché indépendant. Entre 1312 et 1341, c’est Jean III le Bon qui est Duc de Bretagne. Il laisse la Bretagne sans héritiers, ce qui a pour conséquence directe une guerre de succession (1341-1364) entre les deux prétendants Jean de Montfort et Charles de Blois.
A la même période, en 1337, la France et l’Angleterre entrèrent dans la guerre de 100 ans. La guerre de succession de Bretagne allait se transformer en rivalité France-Angleterre, Jean de Montfort étant soutenu par l’Angleterre et Charles de Blois par la France. Finalement, c’est le Fils de Jean de Montfort (décédé en 1345) qui remporta la victoire. Mais celui-ci, trop proche des Anglais au goût des Bretons, nit par s’exiler et la gestion du duché de Bretagne revint au Roi de France Charles V.

> La charte de Charles V

Charles V voulut indemniser les seigneurs bretons qui avaient pâti de leur fidélité envers lui. C’est ainsi que le 29 août 1375, le Roi de France accordait une charte à son « ami et féal chevalier Bryant de Lannion » par laquelle celui-ci était autorisé à « édifier un moulin sur le bras de mer qui vient par l’eau de Trov-Meur (la grande vallée), entre le lieu que l’on dit Toul ar Garhent et la ville de Ploumanac’h » En outre, la pêcherie située en amont de la chaussée devait lui appartenir ainsi qu’à ses héritiers et successeurs.
Si le moulin à marée fut édifié au fond de l’anse de Ploumanac’h, c’est évidement parce que le site s’y prêtait, mais aussi parce que les « de Lannion » étaient fortement implantés en la paroisse de Trégastel. Voilà pourquoi Trégastel possède un Moulin à marée !

Un moulin reconstruit plusieurs fois
Le moulin actuel date de 1764 comme en témoigne la gravure située à l’extérieur au-dessus de la porte d’entrée. Depuis sa création, ce moulin fut de nombreuses fois laissé à l’abandon. Le problème des premiers moulins à marée résidait dans le manque de solidité des édifices. En effet, la pression exercée par l’étang de retenue, avait parfois comme conséquence d’emporter le moulin, par effet de succion à marée descendante. On remarquera que, sur le moulin actuel, des contreforts construits sur la partie aval du cours d’eau (du côté du port) consolident la structure du moulin et l’empêchent d’être emporté.

Le moulin durant la guerre 14-18
Lors de la première guerre mondiale, le moulin a été réquisitionné par l’armée française pour fournir de la farine aux soldats. La production de farine était, de fait, interdite à la vente pour les Trégastellois.

1932 : Toussaint Le Brozec, le dernier meunier !
En 1900, le moulin à marée de Trégastel fut acheté par Toussaint le Brozec qui, décédé en 1932, laissera le moulin sans successeur jusqu’à aujourd’hui. Toussaint le Brozec fut donc le dernier meunier de Trégastel.

Le droit de pêcherie
Dès 1375, il fut établi que le droit de pêcherie était un élément à part entière du moulin. Il fut clairement défini que le seigneur Bryant de Lannion possédait un droit de pêche dans l’étang.
Durant sa période d’activité (1900-1932), Toussaint Le Brozec avait lui aussi le droit de pêcherie dans l’étang mais il n’était pas autorisé à vendre son poisson car il ne possédait pas de licence de marin-pêcheur.
Selon la tradition orale, au milieu du XXème siècle, l’étang était encore le lieu d’une pêche collective à l’époque estivale. L’étang était vidé et de nombreux poissons restaient prisonniers, les habitants de la région pêchaient et se distribuaient le poisson que le meunier n’avait pas le droit de vendre. C’était là une des grandes fêtes de l’année.


FONCTIONNEMENT DU MOULIN.

> Principe de fonctionnement

Le moulin de Trégastel était un moulin à mer qui fonctionnait grâce aux marées.
Le moulin ne pouvait fonctionner que si les coefficients de marées étaient de 70 ou plus. Ici, en Bretagne, l’amplitude des marées est très importante. Il y a deux marées basses et deux marées hautes par jour.

Le parcours de l’eau : ce moulin ne fonctionnait que dans un seul sens.
L’eau entrait à marée montante par les portes à mer (canalisations aménagées dans la digue pour permettre à l’eau d’entrer dans le bassin, les « portes » ne s’ouvrant que d’un côté). L’eau ressortait par les coursiers (autres canalisations réglables pour contrôler la vitesse de rotation des meules) et actionnait les roues à aubes du moulin.
Les roues dégagées par la marée tournaient à mi-marée. Le moulin commençait donc à fonctionner trois heures après le début de la marée basse et trois heures après le début de la marée haute. Ce qui procurait, deux fois par jour, six heures de travail.

> La Digue

La digue est un élément important du moulin. Elle sert à créer le bassin de retenue d’eau pour le fonctionnement du moulin. La digue du moulin, initialement submersible,
doit dater du XIVème siècle.

> Composition et caractéristiques du moulin

Le moulin de Trégastel est « à pignon découvert ». Il possédait sur ses façades est et ouest des essentages en bois sur la partie haute du moulin (aujourd’hui remplacés par des baies vitrées). Le moulin possédait également une porte orientée vers le port pour le chargement des sacs de blé et le déchargement pour les sacs de farine (porte aujourd’hui remplacée par une fenêtre située au centre du mur du côté du port).

Le moulin est composé de trois étages :
- Au sous-sol ou « caveau », à l’extérieur, on trouve deux roues à aubes placées de chaque côté du moulin. A l’intérieur, se trouve le mécanisme de fonctionnement des meules.
- Le « rez-de-chaussée », appelé « premier cours », est composé de trois « couples de meules », trois gisantes (meules du dessous qui ne bougent pas), trois meules courantes (meules du dessus qui tournent). Chaque meule mesure 1m65 de diamètre pour 30 cm d’épaisseur. Les meules sont en grès et recouvertes de plâtre. Cependant dans la région, le cœur ou la meule entière pouvait être en granite, comme l’atteste la meule à l’extérieur du moulin. Les meules ont un poids variant de 800 kg à une tonne.
Au-dessus des meules, on trouve un système qui servait à soulever la meule courante pour régler la hauteur entre les meules ou effectuer le rhabillage.
- A l’étage se trouvait la bluterie. Le blutoir a aujourd’hui disparu.
LE MÉCANISME

Dans le moulin, on peut voir les deux groupes de meules actionnés par deux roues à aubes distinctes. D’un côté, une meule pour la fabrication de la farine destinée aux
animaux. De l’autre, deux meules pour la fabrication de la farine panifiable.

Le moulin fonctionne de la manière suivante :
La roue à aube entraine le rouet. Celui-ci actionne la lanterne. Dans son centre, se dresse le grand fer dont la tête, enserrée dans le hérisson (ou anille, sorte de croix percée installée entre les deux meules) entraîne la meule courante. Si la meule est bien équilibrée, elle restera parfaitement horizontale. Les deux meules ne se touchent jamais. Le grain versé dans la trémie entre ainsi au cœur de la meule par l’œillard (trou percé dans la meule courante).
Le grain est écrasé entre les deux meules. Ainsi est fabriquée la farine qui s’écoule dans le boisseau. La farine est montée à l’étage dans la bluterie où la farine blanche est séparée du son.

LA BLUTERIE

La bluterie est la salle qui accueille le blutoir. Le blutoir se présente comme un long meuble généralement en chêne. A l’intérieur, se trouve un cylindre tournant appelé
« sas » qui blute la farine. Il consiste en une série de fines toiles de soie ou de crin fixées à des cercles de bois formant le cylindre tournant.
L’entretien du blutoir était assuré par les rentoileurs. Ils remplaçaient les laizes de soie usagée au travers desquelles passait la farine par ordre de finesse, depuis la Peur (gruaux) jusqu’au son à la sortie.
Il y avait une douzaine de laizes, les quatre dernières fournissaient le remoulage blanc, le remoulage bis, le son commun, le son bâtard. Le gros son sortait par l’orifice situé au cœur du tambour du blutoir.
Le blutage se faisait après avoir «refroidi» la farine (repos de la farine pendant plusieurs jours).

LE RHABILLAGE

Tous les 4-5 ans en moyenne, en raison de l’usure, les meules devaient subir une
« opération de maintenance délicate »: le rhabillage.
Des crochets (encore visibles) étaient placés sur le pourtour de la meule courante. On y accrochait une corde, elle-même enroulée sur le guindeau fixé au plafond. Celui-ci était actionné à bras d’homme et permettait de relever la meule.
Le rhabillage consistait à graver des sillons transversaux dans la meule. Le meunier taillait ensuite les sillons ou rayons, sillons larges ou principaux et sillons latéraux.
Ceux-ci permettaient d’évacuer la farine sur le pourtour de la meule grâce à la force cen- trifuge. C’est pourquoi les meules ne pouvaient tourner que dans un seul sens et ne fonc- tionnaient qu’avec la vidange de la retenue d’eau.
Le meunier devait régler l’intervalle entre les deux meules pour obtenir la bonne finesse et une bonne qualité de la farine. L’intervalle dépendait de la vitesse de la meule (1 à 2 tours par seconde) et de l’état du grain (sec ou humide). Si l’intervalle était mal ajusté, la farine risquait d’être «brulée» (couleur rousse). Cette farine était alors impropre à la consommation.

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Infos pratiques

  • En partie accessible
  • Parking autobus
  • Parking

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